Au moment où la numérisation des services de télévision se généralise, celle de la diffusion de la radio représente un enjeu de premier ordre pour ce média au rôle essentiel en matière de pluralisme des opinions et de diversité culturelle, écouté chaque jour par plus de 80 % des Français.
Le paysage radiophonique français en modulation de fréquence (bande FM) est le plus riche du monde en nombre de services. Malgré cela, de nombreuses radios restent contraintes dans leur développement en raison de la pénurie de fréquences, même si les travaux entrepris par le Conseil supérieur de l’audiovisuel depuis janvier 2006 ont déjà permis d’augmenter de près de 20 % le nombre de fréquences utiles en bande FM pour les radios dans le cadre du « Plan FM+ », et d’accroître d’autant la diversité des services de radio et leur couverture du territoire français.
Depuis 2006, les éditeurs ont fait part, dans leur très grande majorité, de leur vif intérêt pour le lancement de services de radio numérique :
la radio numérique offrira à terme pour chaque radio une meilleure couverture du territoire, qu’elle soit nationale, régionale ou locale, et un plus grand nombre de services grâce à une meilleure utilisation des ressources spectrales rendue possible par les technologies numériques ;
le numérique permet en outre de moderniser le média radio par la diffusion de données associées ou non aux programmes, telles que par exemple des informations relatives aux œuvres diffusées, des services de proximité, le trafic routier, la météo, etc.
La radio numérique constitue enfin un levier de développement et d’innovation pour l’industrie numérique de notre pays, matérialisé par l’engagement d’acteurs nationaux dans des programmes de recherche et de développement, par les retombées qui peuvent être liées à la valorisation de ces recherches, par les activités industrielles sur le segment terrestre - ou le cas échéant spatial - de la diffusion, ainsi que sur les terminaux de réception.
Le cadre législatif de la radio numérique a été adopté en 2004 et complété en 2007, tandis que ses normes de diffusion ont été arrêtées début janvier 2008. Dans ce cadre juridique désormais complet, le déploiement de la radio numérique interviendra progressivement.
Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a initialement lancé le 26 mars 2008 un appel à candidatures pour la radio numérique portant sur 19 zones centrées sur les grandes agglomérations, représentant au total environ 30 % de la population de la métropole. Le 26 mai 2009, le CSA a décidé de faire évoluer les modalités de déploiement de la radio numérique compte tenu de l’arrêt prochain de la diffusion analogique de Canal+ en bande III, de façon à éviter une coûteuse replanification des fréquences de chaque région, voire le lancement d’appels complémentaires. Cette décision du Conseil est également motivée par le souci d’offrir aux éditeurs une vision claire des futures zones de couverture sur l’ensemble du territoire, au fur et à mesure que les appels à candidatures seront lancés.
Le CSA a ainsi décidé le 26 mai 2009 :
de procéder à la sélection des services sur les seules zones de Paris, Marseille et Nice ; sur ces 3 zones, le lancement des services est prévu en décembre 2009 ;
de clore les appels sur les 16 autres zones de l’appel à candidatures du 26 mars 2008 et de procéder en juin 2009 à une nouvelle consultation relative aux principes de planification en bande III retenus par le Conseil, notamment concernant le périmètre des zones de couverture ;
de lancer ensuite, au vu des résultats de la consultation, de nouveaux appels à candidatures, région par région, d’ici la fin de cette année.
Sur Paris, Marseille et Nice, le numérique permettra d’offrir un plus grand nombre de services que la bande FM (à Paris : 63 services numériques contre 56 en bande FM, à Marseille : 49 contre 39, et à Nice : 48 contre 37).
La ministre de la culture et de la communication a demandé au CSA de réserver la ressource spectrale permettant la diffusion sur ces zones des 7 services de Radio France ainsi que de Radio France Internationale.
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